 |
|
 |
-
Comme un être aimé mais encore inconquis, une œuvre d'art doit se révéler d'abord attirante pour les sens et l'esprit : plaisante à l'œil, l'oreille ou la main, et d'emblée quelque peu énigmatique à mieux connaître, à comprendre. Les toiles de Legrand possèdent exactement ces qualités; voici un très bon peintre, inspiré, maîtrisant parfaitement la composition, le dessin et la peinture.
-
D'emblée sa manière fait penser à celle d'Henri Guibal, qui fut l'un de ses professeurs aux Beaux-Arts de Clermont-Ferrand : outre quelque ressemblance formelle, leurs tableaux manifestent un goût semblable pour une nature humaine et/ou paysagère… à la fois séduisante et jamais vraiment maîtrisée.
-
Son expressionnisme vigoureux ne lésine pas sur les moyens : dessin nerveux, faussement brouillon (Danse avec la mort) ; couleurs contrastées, volontiers à contre-emploi ; visages mouvementés, singulièrement proches de ceux d'Edvard Munch ; vertigineuses perspectives plongeantes évoquant l'espace ouvert d'E. Pignon ( l’aveuglement). Mais surtout, tant par sa pâte épaisse et brillante que par l'épais trait noir qui cerne les figures et cloisonne la toile, c'est Georges Rouault encore que la peinture de Legrand évoque le plus.
- Il est vrai que Legrand se fait aussi paysagiste, ou s'essaie à la nature morte ; mais à nos yeux, c'est dans la figuration expressionniste de la condition humaine un peu grandiose, souvent dramatique, parfois cocasse qu'il excelle, et qu'il devrait réussir mieux encore.
|