Les expositions

Galerie des oeuvres

Les paysages du Cantal.

Estampes

Journal de bord.

Biographie

Association Claude Legrand

Liens

Livre d'or

corrida

 
 
 
      Par soucis de facilité de lecture les pages du journal sont inversées. 
            ( Descendre le curseur en bas pour voir les premières pages.) 

La corrida est un thème majeur dans ma peinture. J'aime peindre la corrida car la peinture de corrida est le travail de l'ombre et de la lumière. La rencontre avec la corrida s'est faite à Madrid depuis je peins des corridas ; De la à parler de "peintre de corrida, peinture de corrida , "peintre corrida", corrida art, art et corrida, corida en art,corrida peinte, decoration corrida, corrida artiste,corrida artistique, artiste peintre corrida.Mouvement et corrida, les couleurs de la corrida, la passe à gouche ,la penia, penia,



 

De nouveaux poèmes sur cette musique secrète des montagnes cantaliennes et bien entendu les toiles qui correspondent dans la génèse de mon travail.Le apysage du cantal, les tourbières , la montagne cantalienne , peinture et cantal, artiste cantalou,artiste cantalien, artiste peintre cantal,artiste peintre cantalou, paysage peinture cantal,les montagnes peintures cantal ,le cntal enart art et cantal.

Peintre clermontois'peintre clermont-ferrand, peintre à clermont ferrand artiste clermontois atelier de peinture clermont ferrand, clermont-ferrand auvergne art, auvergne artiste ,auvergne artiste peintre, artiste clermont auvergne, artiste auvergnat, art auvergnat, atelier artiste auvergnat,auvergnat artiste ,auvergne artiste ,clermont ferrand peintre clermont artiste ,clermont artiste peintre.






      Paysage cantal.
  
 
Un vaste et bigarré troupeau,
Fuit, le grand feu de l’incendie
Qui soudain dans le ciel surgit,
Comme la victime son bourreau.
 
Des tâches noires comme panthère
Lacèrent et déchirent l’azur.
Perle le sang dans les sutures ;
Dans le ciel vogue un grand mystère.
 
Tant de pâleur, tant de douleur !
Un gris de froid, un noir de fiel
Emplit d’un coup le bleu du ciel,
Ferrant le jour dans la noirceur.
 





Paysage cantal



Frémissement glacial.
 
 
 
Frisson de glace
Gris et fébrile.
Vibration claire
Accord phonique.
Mordant de glace
Janvier fait place.
Un bois, deux cors
Seul, la mort.
Cadence sacrée
Juste à l’orée
Sabots frappant.
Miroir glacé
Souffle gelé
Dans la buée,
Effacement.




 


 
Peinture artistique cantal
Eternel retour
 
 
 
Par son regard appesanti
Par la langueur de son ennui
Par sa morne et grise indolence
Et dans son éternelle errance
Cybèle venue d’Anatolie
Sur ce plateau s’est assoupie.
Son exubérante verdeur
Ici est devenue pâleur,
Un parfum triste dans les sillons.
Elle n’ose pas dire son nom
Sur cette terre couleur de paille.
Mais quand reviendra le printemps
Quand les alpages refleuriront
Elle pourra crier sa passion ;
Le vert tintera de sonnailles
Jusqu’à l’azur incandescent.
 

 
Mardi 29/03/2011

 



 

 
    Peintre cantal  

                  
 
Comme le tain d’un grand miroir
Par les eaux du ciel abreuvé
Où les âmes viennent se refléter
Ton œil vert brille dans le soir.
 
Captif ainsi qu’un jour sans fin,
Le ciel de rides amoncelées
S’étale sur ta peau moirée,
Orange quand le jour s’éteint.
 
Déjà là-bas dans le lointain
Les tétons sur les monts dressés
S’irisent d’un nuage lacté.
 
La brise caresse ma main ;
Un dernier trait sur tes paupières
Brise le jour comme du verre.






 
 

Tourbière cantal


 
Les notes coulent du piano
Avec lenteur au clair de l’eau
S’éparpillent sur les roseaux
Dans les ajoncs comme un écho.
 
Du grand orchestre des tourbières
Les piquets comme  doubles croches
Parfois noires, quelquefois blanches,
Jouent de la harpe de lumière.
 
Cette musique du silence
Fait vibrer toutes les passions
Amour, empathie, compassion
Qui chacune à son tour me berce.
 
Devenir sourd pour écouter
Le bruit secret de cette terre
Qui dans le ciel des prés trop verts
S’élève vers l’éternité.




Dimanche 06/03/2011


Est-il facile d’être soi-même ?
 
Cette question à priori dénuée de sens me parait au contraire capitale.
Récemment revenant d’une soirée, de ce lieu que l’on nomme» la vraie vie « et retrouvant la quiétude de l’atelier je me remémorais ces instants, ces échanges verbaux et je m’aperçu que j’avais été un autre, celui que je devais être, celui que l’on attendait de moi ; cet autre je l’observais avec à la fois de la compassion et du dégoût car, en décidant d’être cet homme fonctionnel, adapté aux rapports sociaux, j’étais peut-être un homme social réel , mais en même temps  je sentais que ce choix n’était qu’un déni de l’existence, un renoncement à la réalité.
Pourtant cet autre fonctionnel c’était peut-être lui le vrai moi et l’autre celui de l’atelier n’était-il qu’un déni du soi réel !
Dés lors la notion du »protéiforme »revenait ; être soi-même étant peut-être de laisser tour à tour la place à l’un afin que les autres l’observent et dialoguent avec lui, l’échange créant peut-être l’existence en soi !
La même question se posait pour « l’être peintre » ; ces multiples qui s’exprimaient sous diverses formes, n’étaient-ce pas eux qui me laissaient  en despote renier ces autres qui avec l’un formaient l’unité du tout.
Ces hétéronymes lorsqu’ils s’expriment méprisent les autres comme mensonges, pourtant tous sont convaincus de détenir la vérité !
L’homme recèle en lui toutes les folies ; le fou lui fait le choix d’en isoler une parmi la multitude, de la même façon l’artiste s’il choisit de laisser dominer l’une de ces facettes ne fait-il pas le choix du renoncement à l’existence réelle. Dés lors lui ai-t-il possible de s’exprimer, de dire les enchantements et les horreurs du monde avec la sincérité requise pour une telle tâche?


S’acheminer doucement jours après jours vers le crépuscule de sa vie pour enfin être soi-même,
tel Ulysse rentrant de son long voyage, plein de péripéties retrouvant sa patrie voilà certainement
le sens de la quête du graal artistique, lui même métaphore du chemin de la vie.
 
 


Samedi 05/03/2011





 
 
Les choses sont-elles comme nous l’enseigne le bon sens commun" ce quelles sont et rien d’autre "ou le monde recèle-t-il des possibles ? Après tout un élément pourrait bien être tout autre: dans ce cas l’imagination ne reflèterait-elle que les desseins d’un univers s’auto-créant? Lorsque je peins l’acte créatif semble toujours" en devenir" mais parait pourtant suivre  une trame de fond de laquelle il ne peut guère dévier. Toujours cette notion de fatum ; quel libre arbitre avons-nous réellement ? Il est évident que c’est la réalité qui éveille les possibilités, pourtant l’humanité choisit toujours les mêmes chemins et seul le rêveur, le poète, l’artiste en ne distinguant pas entre le rêve et la réalité permettent quelques fois de dévier le cours de l’histoire. Si la chimère créative est un rêve non encore matérialisé, les réalités non encore nées  possèdent-elles  substantiellement un sens des réalités possibles?

Sans un glissement sur un pavé mouillé, j’ai ressenti la présence d’un autre ou plutôt de plusieurs autres en moi; hétéronymes cohabitant dans mon esprit chacun veut exprimer les choses à sa façon ; c’est pourquoi pour mettre un peut d’ordre dans le brouhaha de toutes ces voix j’ai décidé dès à présent de les laisser créer librement avec leurs codes, qui peignant des paysage « impressionnistes », qui de manière" hyperréaliste".  L’un d’eux est  l’adolescent découvrant le bonheur de la peinture en extérieur celui qui admirait Renoir, Pissarro et Sisley, mais qui sont les autres ? Peut-être en leurs laissant libre champ le découvrirai-je ?



 
Mercredi 29/12/2010





 

 

Nouvel atelier, nouvel espace, peut-être nouvelles créations. Mon travail s'est orienté vers la passion du Christ comme vous pourrez le constater sur la galerie. La foi déplace des montagnes parait-il! Alors si celle-ci me venait au détour d'une toile peut-être pourrai-t-elle illuminer mes œuvres. La recherche d'un espace différent d'une spatialisation me fait redécouvrir la peinture de Tintoret. Quelle incroyable modernité! Je ne peux exprimer l’émotion ressentie devant les toiles de cet immense démiurge: lorsque l'ineffable nous scelle les lèvres la peinture la poésie et bien évidemment la musique sont là pour exprimer notre ressenti.


La peinture est une cage d'où s'envolent les oiseaux, sur l'épaule de François, les mots chantent les couleurs sur la toile.
Seul un mot qui déjà se remplit de présence effarée, pour dire la peur d'être seul, aveuglé. Les voyants seuls verront, éclairés par la sombre lumière.



Les mots coulent vers la main, je vous les livres sans détour comme  fruit de ma pensée, celle qui mène mon pinceau vers la toile




Mardi 28/12/2010



Les paupières sont une véritable bénédiction nous permettant de nous couper du monde visuellement et je déplore que dans sa grande bonté dame nature ne nous ai pourvu de paupières des oreilles me permettant de m'isoler du bruit de fond qui m'assaille si celui-ci n'est pas hélas intérieur;
 
 
 
La mémoire pour nous n’est heureusement qu’ouïr des choses sourdes et voir des choses aveugles : quel repos de l’esprit !

 Les mots, la poésie deviennent de plus en plus partie de ma création le plus souvent en parallèle comme dans la série des paysages cantalous.



 

 

 
 
Une nouvelle peinture "le petit chaperon rouge" et le poème ecrit en parallèle.


 

A l’heure où les chiens et les loups
Hésitent à fixer la lumière
Mon âme s’est enfin envolée
En libérant ce pauvre fou.
De mes mains démesurément
Grandes, j’ai attrapé, tous
Les oiseaux du ciel ; de la terre
L’océan, les lacs, les rivières,
Jusqu’au soleil, emprisonnés 
Sur le grand vide de la toile !
Sentant mon pouvoir s’affermir
Un petit homme j’ai attrapé ;
Comme il se laissait emporter
Sur ses cris j’ai mis mon silence.
A l’orée d’un bois isolé
Un chaperon j’ai rencontré ;
De mes mains devenues velues,
J’ai caressé son âme impure.
Elle a gémi s’est débattue
Ainsi qu’une jeune ingénue
Lorsqu’elle s’est sentie mise à nue.
Découvrant toutes les horreurs
Enfouies, lubriques visqueuses, la peur
D’un esprit que je croyais pur
M’a fais jeter cette maudite
Aux enfers avec les damnés !
Sur mes pattes, enfin repu
Par ce festin à corps perdus
J’ai dressé vivement le cou
Pour lancer à la face du monde
Ainsi qu’un noir pavé dans l’onde
Vers la lune mon cri de fou !
 
 
.

 

                                                  Mardi 13/07/2010


 

Après quelques mois d'absence voilà quelques essais de peinture de paysages  Cantaloux travaillés avec des codes puisés dans les artistes du passé. Ce retour au source, aux origines du travail du paysage qui est l'une des spécificités de la peinture française avec "l'école de Barbizon" vient de donner une nouvelle impulsion à mon travail qui vous le constaterez avec les photographies des derniers travaux mis en ligne, va des origines vers l'avenir devenant par  là "original "dans le sens éthymologique du vocable.





 

                 Saint-Bonnet de Condat"lumière de Mars(2010).Huile sur toile(73x65cm).









 

                            "La route de Marcenat"lumière d'été"(2010). Huile sur toile(116x89cm).     



                    




 

          "Les roches"lumière d'automne"(2010). Huile sur toile(116x89cm).





Mardi 30/03/2010
 

Notre solitude est indéniable; preuve en est de notre capacité incroyable à nouer des relations dans notre entourage.
Quelle chance que nos amis, nos compagnes et compagnons de vie soient comme par hazard dans les lieux que nous fréquentons pour notre travail ou nos loisirs!  Finalement cette solitude qui nous est consubstantielle nous permet de créer une prison affective où nous nous évadons pour rêver de la liberté. Pourtant dans notre solitude nous dialoguons en permanence ! Mais qui est "cet autre "toujours présent dans notre isolement?


 
 Cette solitude qui donc l'a mieux exprimée que Giacometti. Par la sculpture de l'homme qui marche vers le néant et venant du néant la déréliction envahit mon esprit comme un bain d'angoisse brutal. Face à cette oeuvre l'idée des camps  revient, ressac des ténèbres du passé.

 


   Giacometti. "L'homme qui marche."


 

 

 
 
      Giacometti.

 

De l’air, du minerai et du feu

Le bronze et le fer furent crées.

Des forges infernales  de vulcain

Frappées par les brûlantes mains

Des noires fumées de Buchenwald

Giacometti tu as forgé

L’humain défait à pas comptés

Face au fatum courbant le corps

Marchant au travers de la mort.

Sculpture de l’être sans destin

Vers le futur s’en va sans fin,

Toujours montrant le crématoire

D’où la plaie béante de l’histoire

Suinte un glacial désespoir.

 

 







Mardi 23/03/2010 


 

Je suis allé visiter les nouveaux locaux du Frac d'auvergne place de la victoire. Quelle déception!! Tant de porchers si peu de belluaires. L'émotion ne semble pas être la préoccupation de nombre de plasticiens d'aujourd'hui. Hèlas! Le spectateur sort du lieu avec un grand vide spirituel. C'est comme d'aller au restaurant où l'on ne servirait que des plats non comestibles. Seules une poignée de créations sont digne d'intérêt.
J'ai peur qu'en apportant une telle image de la création contemporaine le spectateur non initié à cette grande mascarade déserte le monde de l'art.
Vu les sommes versées par l'état dans les achats je me serai attendu à une collection exceptionnelle. Là encore n'avons nous pas l'exemple typique du gaspillage public au profit de quelques"copains", terme qui n'est pas à propos puisque dans le cas présent ce n'est pas le pain que l'on partage mais la grosse galette.






Mercredi 23/12/2009
 

Hélas le bitume s'est mis à tomber du ciel recouvrant la douce blancheur de la neige qui avait envahie les rues de la cité. Le goudron coulant des barils des compagnies pétrolières noircit nos ville et nos vie. Marée noire de l'or noir les petroliers déversent leurs destruction sur nos plages. Peut-être est-ce une illusion mais je trouve que le soleil brille moins de jours en jours, une brume délétère nimbe nos cieux citadins.
Le sommet de Copenhague nous montre l'idée d'humanité qui nous habite:"après nous le déluge" restera le maitre mot.
Soleil vert le film de Richard Fleisher anticipait malheureusement le monde que nous allons créer pour les générations futurs.
La fin du monde humain aura cela de bien que les cons disparaitront laissant leurs chances à d'autres espèces animales. J'espère que demain appartiendra aux chats ayant une affection toute particulière pour les félins. 

 




    Mercredi 09/12/2009 

Le débat d'actualité sur l'identité nationale me fait dresser les cheveux sur la tête. Si le but est de continuer à diviser les français alors chapeau au président. Hélas comme tous l'auront bien compris il s'agit d'une recherche de voix électorales.L'essence même du débat: certains sont-ils plus français que d'autres nous fait rapidement déraper vers l'idée de "sous français" qui peut malheureusement faire ressurgir un passé douloureux.
Le sujet m'a inspiré une poésie sur l'idée de soi-disant démocratie véhiculée par les Etats-Unis d'amérique et l'Europe.



 

 
 
           Rêve avorté.

 

Où est tu monde nouveau aux rêves de liberté.

La chevauchée aux grands espaces s’est arrêtée.

 

Sur l’étranger jettes ta haine ordinaire

Amour en toi est tari. La république

En chienne délaisse ses enfants ethniques.

Sang impur est  pourtant extraordinaire,

 Qui ne vient pas du lys bleu consanguin des chacals.

Républicains dont l’ostracisme sans égal

Enferme et enchaine et  prive. Démocratie

Galvaudée, décriée aux actions capitales

D’une économie entrainée par les harpies

D’une Amérique morte un matin des sixties.

 

Où est tu monde nouveau aux rêves de liberté.

La chevauchée aux grands espaces s’est arrêtée.

 

 

Les cieux brûlés, aux déserts crient leur hantise

Des chars déchirants les chaires déclarées impies.

Humains crevant la gueule ouverte, innocents

Immolés aux feux des missiles insolents

Dictateurs protégés, adulés des profits

De l’économie de guerre d’un monde sans merci.

Pourtant loin du réel un monde possible.

Sale guerre aux têtes nucléaire sans relâche

Civils, femmes et enfants agonisants. Lâches

Préférant la destruction. Une inaccessible

Envie d’amours humaines germe; interdit.

 

Où est tu monde nouveau aux rêves de liberté.

La chevauchée aux grands espaces s’est arrêtée.

 

 


 


Un nouveau poème et la toile qui lui correspond dans le cycle de mon travail sur les monts du Cantal.


 





"Le pélerin"(2009). Technique mixte sur toile(180x120cm).




 

 
 
 Le pèlerin.
 

 

Il marchait inlassablement

Malgré la pluie, malgré le vent

Il s’en allait.

D’autres avant sur le même chemin 

Défricheurs en terres inconnues

Avaient parcourus, lus, relus

Les routes aux pas denses des voyageurs.

Rêveurs solitaires, découvreurs

Barques aux fleuves qui voguent vers demain

Aux vents puissants d’un jour sans fin

Sur l’odyssée d’une vie perdue.

Les monts succédaient aux plateaux

Arides où seules la pulsatille

L’orchis et la pensée sauvage

Coloraient, aux bords des cours d’eau

Naissants des tourbières,  la grande page

Vierge de la nature, apostille

Annotée par le créateur

Aux jours brûlants de la genèse.

Le bâton scandait,  staccato 

Le chant d’un lieu lointain, chaleur

D’un pays étrange aux confins

Du dicible. Comme un cadeau

Le jour chassait le malaise

De la nuit lorsqu’au matin

Le soleil venait réchauffer

Le cœur froid et lourd du pèlerin.

Seul le cheminement importait

Qui l’amenait jour après jour

Vers le moi d’un soleil d’été

Illuminé, où au détour

L’aube d’un nouveau souffle changerait

Sa conscience salie pour toujours.

Rêve d’un ailleurs différent, qui

Peut-être modifierait, ceux

Qui avaient pris, aventureux

La route que certain avaient fuie

Par peur de se découvrir seul

Dans l’oubli d’une mémoire désolée.

 

 

 

 

 

 

Mercredi 18/11/2009

 

Après quelques jours d'absence entièrement consacrés à la peinture et à l'écriture je ressens le besoin de vous faire lire quelques poésies que je viens d'écrire sur  les monts du Cantal. Chaque poème et lié à une toile.
 

            
 Orage.  

 

Erigés en appel,

Les arbres vers les cieux

En un cri silencieux

Lancent aux vents noirs les mots vidés d’un soir d’été.

Brulée aux vents du soleil, la terre se rappelle

Des jours passés, cavalcades d’un printemps fané,

Lorsque la glaise se gaussait de quelques névés

Délaissées par l’hiver mordant, fuyant tout tremblant

Une brise légère qui portait en elle les sonnailles

D’un matin de Pâques. Sur la brande couleur de paille,

Craquelle et frémit l’épais ocre toscan, brillant,

Irisé par l’orage des plateaux cantaloux.
 


 

"L'orage sur le Cezallier"(2009). Technique mixte sur toile(150x90cm).
 


 

  La mémoire de la pierre.

 

Dans la folle candeur d’une vierge nature,

Les herbes jaunes en liesses, chantent l’oubli passé

D’un cimetière délaissé. Quelques tombes en épure

Articulent l’espace sacré d’une croix endeuillée.

Squelette d’un animal cambrien envahi

Par les rejetons d’arbres millénaires désunis.

Aux désires de vaincre les pierres dressées, monolithes

D’une histoire oubliée sur la pierre gravée,

Se joignent les lianes rampantes, esprits malins, éfrits

Geignants du fond de la géhenne primordiale

Enfermés, enchainés aux basaltes du Cantal.


 


 

        "La mémoire de la pierre"(2009).Technique mixte sur toile(165x146cm).

 

 
 
             

SENTINELLE

 

Aurore insufflait à une vie engourdie

L’éveil,  ravivant les braises d’un soleil latent,

Encore dans les cendres. L’équilibre se rompit

Sentinelle donna le signal : je fus vivant.

Alors je m’élançais dans les premiers rayons

Du soleil levant, tourbillonnant, dérivant

Lentement, chemins d’Icare, un vol ascendant

Vers la connaissance je cheminais. Papillon

Inconscient, amoureux, la flamme séduisante

 Dévorait, la brume d’une jeunesse insouciante.

Mon vol se fit plus lourd, péché originel

Les ailes brulées au zénith, désirs charnels

Noyant la vallée d’un feu sacré, l’éternelle

Etoile du matin vibrait aux ritournelles

De l’enfance encore vibrante et innocente.

Pourtant le poids du pécheur, dévorante

Avance du temps, aux sombres abysses

D’une âme corrompue aux lascives délices

Me menait vers l’âge mûr, étoile brulante

Milieu du chemin de la vie. Encore voler,

 Libre jusqu’à la brune, planer, rêver, aimer

Boire la lie aux soirs d’une vie mourante

Que j’avais cru, que j’aurais voulu éternelle.

Sentinelle donna le signal : je fus mortel.

 


           
                  "Sentinelle"(2009). Technique mixte sur toile(146x130cm). 

               

Le brame du cerf.

 

Le soleil entre au dortoir, tout s’apaise,

Un frisson parcourt le bois de mélèzes.

Sur la fibre glacée du lac gelé,

La couche fragile aux reflets glacés

Vibre, s’énamoure aux accords bramés.

Pan s’est aux cieux accouplés

Engendrant un enfant de la terre

Qui geint et grogne, puissant cri de guerre

Ebranlant le sol et l’éther

Un cri aux dieux déchus ânonné,

Rut animal à la lune hululé.

 


 

Vendredi 30/10/2009


 


Je vous parle du Cantal et vous devez bien deviner que je suis passionné par cette montagne. Afin de vous permettre de juger de ces panoramas, de ces lumières extraordinnaires dont je parlais précédemment, voici quelques clichés de paysages, de la faune et la flore. Je vous laisse juge, mais je suis convaincu que nombreux seront ceux qui désireront venir decouvrir ces lieux enchantés. 
 

 



La vallée de Cheylade. 

 

Le plateau du Limon.
 


              Pulsatilla vulgaris (Anémone pulsatille).                                               Le suc du lac ( La Font-Sainte).
 




Vache de race Salers.





Orchis militaris(Orchis guerrier).


                                                                                                                                                        
                                                                     Le four de Reghat (Saint-Bonnet de Condat).

         Morchella rotonda(Morille blonde).                                          Morchella déliciosa(Morille noire).

 




La cascade de la Pradier(Saint-Bonnet de Condat).



 



 

                     La Font-Sainte.                                                                                 Plateau Du Cézallier.




 

 Mercredi 24/10/2009



 

Je viens de passer ces derniers jours à explorer des chemins dans le Cantal, plus précisement à Saint- Bonnet de Condat. La lumière en ce milieu d'automne est tout à fait extraordinnaire. J'avais parfois, surtout vers la fin d'après-midi, l'impression d'être en Ombrie. Les ombres portées, donnaient à chaque partie une indépendance et une présence renforcée.Tout paraissait d'une netteté incroyable.
Les monts du Cantal au loin m'ont fait penser au tableau de Corot " Le pont de Narni". Cette petite huile sur toile réalisée sur nature lors de son voyage en Italie est à mon avis l'un des sommets de la peinture de paysage. Elle préssupose toute la peinture moderne en particulier les paysage d' Agrigente peint par Nicolas de Staël
Dans les années cinquante.

 


 

Corot: Le pont de Narni. 1826.


 

Nicolas de Staël. Vue d'Agrigente. 1954.

 






Mercredi 21/10/2009

 

Matin de pluie, tout est gris. Le moral général est au plus bas.

Je suis frappé par le visage des gens au volant de leur véhicule. Tout à coup la grise mine devient rage. La fusion de l'humain et de la machine est accomplie. Un griffon moderne est né, d'où certainement le sentiment d'invulnérabilité du conducteur entraînant de nombreuses catastrophes.

L'humain fait corps de plus en plus souvent avec la machine. Internet, jeux vidéos, facebook prennent de plus en plus de temps dans notre vie. Hélas! Nous échangeons de plus en plus d'information cela au détriment de la communication. Nos cinq sens ne sont plus sollicités,  vivre sans le touché, l'odorat et le sixième des sens, l'intuition qui ne peut naître que d'une immersion dans le réel, va devenir la norme.

Cet après-midi j'ai travaillé quelques croquis préparatoires pour le livres sur le Cantal. J' ai utilisé un carnet de croquis réalisé cette été sur nature, que j'ai retravaillé sur format raisin avec de la colle acrylique, des pigments en poudre et une large brosse. Voici un aperçu des premiers jets.

 

 



 

     





 
 


 




Mardi 20/10/2009



 

Il y a quelque temps je discutais avec des amis de la réalité du monde. Celui-ci existe-il sans observateur où sans être nommé.
En commençant ce journal j'ai souvenance de cet échange autour d'une bonne flambée dans le cantou.Il me parait évident de me poser la question de l'existence de ce journal si personne ne le lit. J' en appelle donc au premier lecteur pour l'avaliser.

 Je vais essayer de tenir cette page régulièrement et si elle ne devient quotidienne qu'elle soit au moins hebdomadaire.

Je travaille actuellement à la réalisation d'un livre sur le Cantal où seront alternés poèmes et illustrations.Je vous fais part du premier jet d'une poésie cantalouse.




 

 

  Tessiture.

 

Le frêne tentaculaire referme ses bras noueux

Sur la vallée de Cheylade. Le ciel mauve, le violet

Du plateau, les violines des lointains sommets

Tessiture, harmonique de la voix d’un dieu

Chantent les matins du monde. Le beth précède l’aleph.

Déesse diaphane, la vallée engendre un elfe

Ailes de lumières, écho d’un méandre éclatant,

Dans les sombres ravines du Cantal s’éveillant.

 

 

La bousculade des modes et des crénaux esthétiques semble avoir pris le dessus sur une création plus intemporelle.
En corrélation il semble que nous accordions plus d'importance à la valeur financière d'une oeuvre qu'à sa valeur universelle. L'intermédiaire entre Modigliani
et Rockefeller : la création contemporaine.



J'ai regardé récemment la sculpture de xavier Veilhan dans la cour du chateau de Versaille: un carosse fantomatique.
Il semble lié au passé tout en sortant d'un futur improbable. Forme futuriste souvenir de Marinetti à la couleur mauve.
Il vient hanter mon imagination. L'exposition dans son ensemble me réconcilie avec la création actuelle.

 

Xavier Veilhan, le carrosse


 

 
 

 

Créer son site | Carte de voeux | Sites Wifeo | carte virtuelle | Lettre résiliation | Remerciement mariage | Plan | Infos légales