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Par soucis de facilité de lecture les pages du journal sont inversées.
( Descendre le curseur en bas pour voir les premières pages.) Mardi 13/07/2010 Après quelques mois d'absence voilà quelques essais de peinture de paysages Cantaloux travaillés avec des codes puisés dans les artistes du passé. Ce retour au source, aux origines du travail du paysage qui est l'une des spécificités de la peinture française avec "l'école de Barbizon" vient de donner une nouvelle impulsion à mon travail qui vous le constaterez avec les photographies des derniers travaux mis en ligne, va des origines vers l'avenir devenant par là "original "dans le sens éthymologique du vocable.
![]() Saint-Bonnet de Condat"lumière de Mars(2010).Huile sur toile(73x65cm).![]() "La route de Marcenat"lumière d'été"(2010). Huile sur toile(116x89cm).![]() "Les roches"lumière d'automne"(2010). Huile sur toile(116x89cm).Mardi 30/03/2010 Notre solitude est indéniable; preuve en est de notre capacité incroyable à nouer des relations dans notre entourage.
Quelle chance que nos amis nos compagnes et compagnons de vie soient comme par hazard dans les lieux que nous fréquentons pour notre travail où nos loisirs! Finalement cette solitude qui nous est consubstantielle nous permet de créer une prison affective où nous nous évadons pour rêver de la liberté. Pourtant dans notre solitude nous dialoguons en permanence ! Mais qui est "cet autre "toujours présent dans notre isolement? Cette solitude qui donc l'a mieux exprimée que Giacometti. Par la sculpture de l'homme qui marche vers le néant et venant du néant la déréliction envahit mon esprit comme un bain d'angoisse brutal. Face à cette oeuvre l'idée des camps revient, ressac des ténèbres du passé. ![]() Giacometti. "L'homme qui marche." Giacometti.
De l’air, du minerai et du feu
Le bronze et le fer furent crées.
Des forges infernales de vulcain
Frappés par les brûlantes mains
Des noires fumées de Buchenwald
Giacometti tu as forgés
L’humain défait à pas comptés
Face au fatum courbant le corps
Marchant au travers de la mort.
Sculpture de l’être sans destin
Vers le futur s’en va sans fin,
Toujours montrant le crématoire
D’où la plaie béante de l’histoire
Suinte un glacial désespoir.
Mardi 23/03/2010 Je suis allé visiter les nouveaux locaux du Frac d'auvergne place de la victoire. Quelle déception!! Tant de porchers si peu de belluaires. L'émotion ne semble pas être la préoccupation de nombre de plasticiens d'aujourd'hui. Hèlas! Le spectateur sort du lieu avec un grand vide spirituel. C'est comme d'aller au restaurant où l'on ne servirait que des plats non commestibles. Seules une poignée de créations sont digne d'intérêt.
J'ai peur qu'en apportant une telle image de la création contemporaine le spectateur non initié à cette grande mascarade déserte le monde de l'art. Vu les sommes versées par l'état dans les achats je me serai attendu à une collection exceptionnelle. Là encore n'avons nous pas l'exemple typique du gaspillage public au profit de quelques"copains", terme qui n'est pas à propos puisque dans le cas présent ce n'est pas le pain que l'on partage mais la grosse galette. Mercredi 23/12/2009 Hélas le bitume s'est mis à tomber du ciel recouvrant la douce blancheur de la neige qui avait envahie les rues de la cité. Le goudron coulant des barils des compagnies pétrolières noircit nos ville et nos vie. Marée noire de l'or noir les petroliers déversent leurs destruction sur nos plages. Peut-être est-ce une illusion mais je trouve que le soleil brille moins de jours en jours, une brume délétère nimbe nos cieux citadins.
Le sommet de Copenhague nous montre l'idée d'humanité qui nous habite:"après nous le déluge" restera le maitre mot. Soleil vert le film de Richard Fleisher anticipait malheureusement le monde que nous allons créer pour les générations futurs. La fin du monde humain aura cela de bien que les cons disparaitront laissant leurs chances à d'autres espèces animales. J'espère que demain appartiendra aux chats ayant une affection toute particulière avec les félins. Mercredi 09/12/2009 Le débat d'actualité sur l'identité nationale me fait dresser les cheveux sur la tête. Si le but est de continuer à diviser les français alors chapeau au président. Hélas comme tous l'aurons bien compris il s'agit d'une recherche de voix électorales.L'essence même du débat: certain sont-ils plus français que d'autres nous fait rapidement déraper vers l'idée de "sous français" qui peut malheureusement faire ressurgir un passé douloureux. Le sujet m'a inspiré une poésie sur l'idée de soi-disant démocratie véhiculée par les Etats-Unis d'amérique et l'Europe. Rêve avorté.
Où est tu monde nouveau aux rêves de liberté.
La chevauchée aux grands espaces s’est arrêtée.
Sur l’étranger jettes ta haine ordinaire
Amour en toi est tari. La république
En chienne délaisse ses enfants ethniques.
Sang impur est pourtant extraordinaire,
Qui ne vient pas du lys bleu consanguin des chacals.
Républicains dont l’ostracisme sans égal
Enferme et enchaine et prive. Démocratie
Galvaudée, décriée aux actions capitales
D’une économie entrainée par les harpies
D’une Amérique morte un matin des sixties.
Où est tu monde nouveau aux rêves de liberté.
La chevauchée aux grands espaces s’est arrêtée.
Les cieux brûlés, aux déserts crient leur hantise
Des chars déchirants les chaires déclarées impies.
Humains crevant la gueule ouverte, innocents
Immolés aux feux des missiles insolents
Dictateur protégés, adulés des profits
De l’économie de guerre d’un monde sans merci.
Pourtant loin du réel un monde possible.
Sale guerre aux têtes nucléaire sans relâche
Civils, femmes et enfants agonisants. Lâches
Préférant la destruction. Une inaccessible
Envie d’amours humaines germe; interdit.
Où est tu monde nouveau aux rêves de liberté.
La chevauchée aux grands espaces s’est arrêtée.
Un nouveau poème et la toile qui lui correspond dans le cycle de mon travail sur les monts du Cantal. ![]() "Le pélerin"(2009). Technique mixte sur toile(180x120cm). Le pèlerin.
Il marchait inlassablement
Malgré la pluie, malgré le vent
Il s’en allait.
D’autre avant sur le même chemin
Défricheurs en terres inconnues
Avaient parcourus, lus, relus
Les routes aux pas denses des voyageurs.
Rêveurs solitaires, découvreurs
Barques aux fleuves qui voguent vers demain
Aux vents puissants d’un jour sans fin
Sur l’odyssée d’une vie perdue.
Les monts succédaient aux plateaux
Arides où seules la pulsatille
L’orchis et la pensée sauvage
Coloraient, aux bords des cours d’eau
Naissants des tourbières, la grande page
Vierge de la nature, apostille
Annotée par le créateur
Aux jours brûlants de la genèse.
Le bâton scandait, staccato
Le chant d’un lieu lointain, chaleur
D’un pays étrange aux confins
Du dicible. Comme un cadeau
Le jour chassait le malaise
De la nuit lorsqu’au matin
Le soleil venait réchauffer
Le cœur froid et lourd du pèlerin.
Seul le cheminement importait
Qui l’amenais jour après jour
Vers le moi d’un soleil d’été
Illuminé, où au détour
L’aube d’un nouveau souffle changerait
Sa conscience salie pour toujours.
Rêve d’un ailleurs différent, qui
Peut-être modifierait, ceux
Qui avaient pris, aventureux
La route que certain avaient fuis
Par peur de se découvrir seul
Dans l’oubli d’une mémoire désolée.
Mercredi 18/11/2009 Après quelques jours d'absence entièrement consacrés à la peinture et à l'écriture je ressens le besoin de vous faire lire quelques poésies que je viens d'écrire sur les monts du Cantal. Chaque poème et lié à une toile. Orage. Erigés en appel,
Les arbres vers les cieux
En un cri silencieux
Lancent aux vents noirs les mots vidés d’un soir d’été.
Brulée aux vents du soleil, la terre se rappelle
Des jours passés, cavalcades d’un printemps fané,
Lorsque la glaise se gaussait de quelques névés
Délaissées par l’hiver mordant, fuyant tout tremblant
Une brise légère qui portait en elle les sonnailles
D’un matin de Pâques. Sur la brande couleur de paille,
Craquelle et frémis l’épais ocre toscan, brillant,
Irisé par l’orage des plateaux cantaloux.
"L'orage sur le Cezallier"(2009). Technique mixte sur toile(150x90cm).
La mémoire de la pierre.
Dans la folle candeur d’une vierge nature,
Les herbes jaunes en liesses, chantent l’oubli passé
D’un cimetière délaissé. Quelques tombes en épure
Articulent l’espace sacré d’une croix endeuillée.
Squelette d’un animal cambrien envahi
Par les rejetons d’arbres millénaires désunis.
Aux désires de vaincre les pierres dressées, monolithes
D’une histoire oubliée sur la pierre gravée,
Se joignent les lianes rampantes, esprits malins, éfrits
Geignants du fond de la géhenne primordiale
Enfermés, enchainés aux basaltes du Cantal.
![]() "La mémoire de la pierre"(2009).Technique mixte sur toile(165x146cm).
SENTINELLE
Aurore insufflait à une vie engourdie
L’éveil, ravivant les braises d’un soleil latent,
Encore dans les cendres. L’équilibre se rompit
Sentinelle donna le signal : je fus vivant.
Alors je m’élançais dans les premiers rayons
Du soleil levant, tourbillonnant, dérivant
Lentement, chemins d’Icare, un vol ascendant
Vers la connaissance je cheminais. Papillon
Inconscient, amoureux, la flamme séduisante
Dévorait, la brume d’une jeunesse insouciante.
Mon vol se fit plus lourd, péché originel
Les ailes brulées au zénith, désirs charnels
Noyant la vallée d’un feu sacré, l’éternelle
Etoile du matin vibrait aux ritournelles
De l’enfance encore vibrante et innocente.
Pourtant le poids du pécheur, dévorante
Avance du temps, aux sombres abysses
D’une âme corrompue aux lascives délices
Me menais vers l’âge mûr, étoile brulante
Milieu du chemin de la vie. Encore voler,
Libre jusqu’à la brune, planer, rêver, aimer
Boire la lie aux soirs d’une vie mourante
Que j’avais cru, que j’aurais voulu éternelle.
Sentinelle donna le signal : je fus mortel.
"Sentinelle"(2009). Technique mixte sur toile(146x130cm). Le brame du cerf.
Le soleil entre au dortoir, tout s’apaise,
Un frisson parcourt le bois de mélèzes.
Sur la fibre glacée du lac gelé,
La couche fragile aux reflets glacés
Vibre, s’énamoure aux accords bramés.
Pan s’est aux cieux accouplés
Engendrant un enfant de la terre
Qui geint et grogne, puissant cri de guerre
Ebranlant le sol et l’éther
Un cri aux dieux déchus ânonné,
Rut animal à la lune hululé.
Vendredi 30/10/2009
Je vous parle du Cantal et vous devez bien deviner que je suis passionné par cette montagne. Afin de vous permettre de juger de ces panoramas, de ces lumières extraordinnaires dont je parlais précédemment, voici quelques clichés de paysages, de la faune et la flore. Je vous laisse juge, mais je suis convaincu que nombreux seront ceux qui désireront venir decouvrir ces lieux enchantés. La vallée de Cheylade. Le plateau du Limon. Pulsatilla vulgaris (Anémone pulsatille). Le suc du lac ( La Font-Sainte). Vache de race Salers. Orchis militaris(Orchis guerrier). Le four de Reghat (Saint-Bonnet de Condat). Morchella rotonda(Morille blonde). Morchella déliciosa(Morille noire).
La cascade de la Pradier(Saint-Bonnet de Condat). La Font-Sainte. Plateau Du Cézallier.
Mercredi 24/10/2009 Je viens de passer ces derniers jours à explorer des chemins dans le Cantal, plus précisement à Saint- Bonnet de Condat. La lumière en ce milieu d'automne est tout à fait extraordinnaire. J'avais parfois, surtout vers la fin d'après-midi, l'impression d'être en Ombrie. Les ombres portées, donnaient à chaque partie une indépendance et une présence renforcées.Tout paraissait d'une netteté incroyable.
Les monts du Cantal au loin m'ont fait penser au tableau de Corot " Le pont de Narni". Cette petite huile sur toile réalisée sur nature lors de son voyage en Italie est à mon avis l'un des sommets de la peinture de paysage. Elle préssupose toute la peinture moderne en particulier les paysage d' Agrigente peint par Nicolas de Staël Dans les années cinquantes. ![]() Corot: Le pont de Narni. 1826. ![]() Nicolas de Staël. Vue d'Agrigente. 1954. Mercredi 21/10/2009 Matin de pluie, tout est gris. Le moral général est au plus bas.
Je suis frappé par le visage des gens au volant de leur véhicule. Tout à coup la grise mine devient rage. La fusion de l'humain et de la machine est accomplie. Un griffon moderne est né, d'où certainement le sentiment d'invulnérabilité du conducteur entraînant de nombreuses catastrophes. L'humain fait corps de plus en plus souvent avec la machine. Internet, jeux vidéos, facebook prennent de plus en plus de temps dans notre vie. Hélas! Nous échangeons de plus en plus d'information cela au détriment de la communication. Nos cinq sens ne sont plus sollicités, vivre sans le touché, l'odorat et le sixième des sens, l'intuition qui ne peut naître que d'une immersion dans le réel, va devenir la norme. Cet après-midi j'ai travaillé quelques croquis préparatoires pour le livres sur le Cantal. J' ai utilisé un carnet de croquis réalisé cette été sur nature, que j'ai retravaillé sur format raisin avec de la colle acrylique, des pigments en poudre et une large brosse. Voici un aperçu des premiers jets. Mardi 20/10/2009 Il y a quelque temps je discutais avec des amis de la réalité du monde. Celui-ci existe-il sans observateur où sans être nommé.
En commençant ce journal j'ai souvenance de cet échange autour d'une bonne flambée dans le cantou.Il me parait évident de me poser la question de l'existence de ce journal si personne ne le lit. J' en appelle donc au premier lecteur pour l'avaliser. Je vais essayer de tenir cette page régulièrement et si elle ne devient quotidienne qu'elle soit au moins hebdomadaire. Je travaille actuellement à la réalisation d'un livre sur le Cantal où seront alternés poèmes et illustrations.Je vous fait part du premier jet d'une poésie cantalouse. Tessiture.
Le frêne tentaculaire referme ses bras noueux
Sur la vallée de Cheylade. Le ciel mauve, le violet
Du plateau, les violines des lointains sommets
Tessiture, harmonique de la voix d’un dieu
Chantent les matins du monde. Le beth précède l’aleph.
Déesse diaphane, la vallée engendre un elfe
Ailes de lumières, écho d’un méandre éclatant,
Dans les sombres ravines du Cantal s’éveillant.
La bousculade des modes et des crénaux esthétiques semble avoir pris le dessus sur une création plus intemporelle.
En corrélation il semble que nous accordions plus d'importance à la valeur financière d'une oeuvre qu'à sa valeur universelle. L'intermédiaire entre Modigliani et Rockefeller : la création contemporaine. J'ai regardé récemment la sculpture de xavier Veilhan dans la cour du chateau de Versaille: un carosse fantomatique. Il semble lié au passé tout en sortant d'un futur improbable. Forme futuriste souvenir de Marinetti à la couleur mauve. Il vient hanter mon imagination. L'exposition dans son ensemble me réconcilie avec la création actuelle. ![]() |